Dr. Doris Boyce Saunders 1901-2003

Présidente de la FCFDU de 1955 à 1958

« Grâce à des études privées, des groupes de discussion et une participation citoyenne active, exerçons notre influence afin d’établir des normes plus efficaces. »

 

Doris Saunders, la 13e présidente de la FCFDU, dont la vie s’étend sur tout le 20e siècle et l’aube du nouveau millénaire, surmonte de nombreux obstacles au cours de sa carrière. Née à Winnipeg le 16 novembre 1901, elle fréquente l’école Kelvin High School avant d’entrer à l’Université du Manitoba, en études anglaises, à la faveur de la Bourse sir James Aikin. Elle compte parmi les premières membres de la sororité Delta Delta Delta.

Elle obtient son baccalauréat en 1921 ainsi que la médaille d’or en philosophie et en anglais. Admise à Oxford, elle reçoit un diplôme en éducation en 1923. De retour au Manitoba, elle enseigne brièvement dans une école primaire rurale, puis aux écoles Machray Junior High et Kelvin High School. Tout en enseignant à temps plein, elle étudie à l’Université du Manitoba et obtient une maîtrise en 1925.

L’année suivante, la FCFDU lui décerne une bourse de voyage pour l’Université d’Oxford où elle souhaite entreprendre des études doctorales. On l’avise toutefois que les femmes ne sont pas admises au doctorat à Oxford. Elle s’inscrit donc au programme de baccalauréat en lettres (B.Litt.) et rédige un mémoire intitulé Dr. Johnson’s Knowledge of the English of the English writers before 1600: Excluding Shakespeare. Elle devra toutefois attendre jusqu’en 1936 pour que son diplôme soit décerné et jusqu’en 1979 pour qu’il soit converti en maîtrise.

En 1928, Doris devient la première femme à occuper un poste au sein du Département de littérature anglaise de l’Université du Manitoba. Elle est nommée doyenne des étudiantes de première année en 1933, un rôle qu’elle conservera jusqu’en 1945. Elle devient professeure adjointe en 1941. En 1955, quand elle accepte le poste de présidente de la FCFDU, elle est professeure agrégée. En 1959, Doris est la première femme à devenir professeure titulaire à la Faculté des arts. Nommée registraire du nouveau Collège universitaire de l’Université du Manitoba en 1964, elle occupe ce poste jusqu’à sa retraite en 1968. En 1965-1966, elle reçoit la Bourse de parrainage de conférences Winifred Cullis, de l’Association anglo-américaine, qui lui permet d’entreprendre une tournée de conférences dans les îles Britanniques durant laquelle elle s’exprime sur une variété de sujets allant de l’éducation des Canadiennes à la littérature canadienne. En 1970, elle est rédactrice invitée à l’occasion de la centième édition du journal interdisciplinaire The Mosaic, publié par l’Université du Manitoba.

Dans la collectivité, Doris assure la présidence de la section féminine de Winnipeg de l’Institut canadien des affaires internationales, de la division de Winnipeg de l’Association canadienne des humanités ainsi que du Cercle canadien des femmes.

Elle commence à s’impliquer au sein de la FCFDU en devenant l’une des premières membres de l’UWC de Winnipeg. Après avoir siégé à divers comités au fil des années, Doris devient présidente du club de 1943 à 1945. Sur la scène nationale, elle occupe le poste de présidente du Comité permanent des bourses avant d’être élue présidente nationale en 1955. Elle préside la 14e triennale de la FCFDU en 1958, décrite par la Presse canadienne comme le rassemblement de « 344 des femmes les plus brillantes du Canada ».

Durant son mandat de présidente nationale, encouragée notamment par la FCFDU, elle obtient une place à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, qui ne compte que 18 membres. Il s’agit d’une grande avancée pour les Canadiennes. Des articles du Chronicle publiés sous sa présidence exposent les idéaux de la FCFDU: une loi exigeant un salaire égal pour un travail équivalent; la nomination d’une femme à la Commission de la fonction publique; l’établissement du Conseil des Arts et la nomination de femmes à son conseil d’administration; la ratification de la Convention des Nations Unies sur les droits politiques de la femme; la protection de la nationalité des femmes mariées; l’augmentation du montant d’aide fédérale à l’éducation; et la préservation des édifices ayant une importance architecturale et historique le long de la Voie maritime du Saint-Laurent.

Lors de la triennale, le Comité sur la condition féminine, présidé par Margaret MacLellan, qui deviendra la prochaine présidente de la FCFDU, rapporte que les présidentes des clubs ont été invitées à étudier un nouveau projet de loi fédéral sur le droit de succession avant que la FCFDU soumette un mémoire au premier ministre pour réclamer « une véritable exemption de 50?000 dollars sur tous les biens et la reconnaissance de la contribution de la femme au partenariat matrimonial » (MacLellan, p. 99). Elle ajoute que le Conseil national des femmes du Canada, la FCFDU et d’autres organisations formulent de telles recommandations depuis déjà dix ans.

Dans sa dernière allocution aux membres de la FCFDU, à la triennale de 1958, Doris expose des recommandations découlant de son expérience. Celles-ci sont à la fois de son temps et avant-gardistes :

  1. Que les congrès régionaux soient encouragés, puisqu’ils s’avèrent moins onéreux pour les membres que les congrès nationaux, permettent une plus grande participation et sont un moyen pertinent d’utiliser les qualités de direction des vice-présidentes et directrices provinciales;
  2. Que l’augmentation du personnel de secrétariat et de l’équipement dans la ville de résidence de la présidente ait préséance sur la mise en place d’un bureau exécutif loin de celle-ci;
  3. Qu’une éditrice du bulletin d’information soit nommée;
  4. Que les membres aient la responsabilité d’informer la présidente quant aux affaires en cours au sein des organisations affiliées;
  5. Que la présidente du Comité des relations internationales continue d’assister aux réunions du conseil de la FIFDU, mais que la présidente soit connue comme la « leader de la délégation » à l’occasion des congrès triennaux de la FIFDU.

Les membres actuelles reconnaîtront certainement la nature prophétique des recommandations 1 et 5.

La députée Anita Neville (Winnipeg-Centre-Sud) dit de Doris : « Il est irréfutable que son courage et son indépendance ont favorisé l’émergence de plusieurs nouvelles possibilités pour les femmes, et toutes les étudiantes lui doivent une fière chandelle ». Pour son engagement envers l’éducation des femmes et son leadership au sein de la FCFDU, l’Université de la Colombie-Britannique lui décerne un doctorat honorifique en droit en 1957, à l’occasion du 50e anniversaire de l’UWC de Vancouver. En 1966, pour son dévouement à la FCFDU aux échelles locale et nationale, l’UWC de Winnipeg lui accorde le statut de membre à vie et donne le nom de « Salle Doris B. Saunders » au salon du club de Winnipeg. En 1967, elle reçoit la Médaille du centenaire du gouvernement du Canada. De même que six autres femmes, elle est désignée parmi les « Femmes panhelléniques célèbres de l’Université du Manitoba » et est la seule indiquée comme ayant reçu la Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada en 1992. En 1994, elle reçoit un second doctorat honorifique en droit, de l’Université du Manitoba cette fois.

Doris apprécie particulièrement ses vacances estivales annuelles à Teachers Island, dans la baie de Clearwater, en Ontario. Elle y passe plusieurs heures de bonheur à une tablée de bridge ou encore avec un bon livre, profitant d’un répit bien mérité dans son horaire exigeant. Un hommage publié dans le Winnipeg Free Press de 2003 mentionne : « tous se souviendront de son intelligence, de son talent, de son humour vif, de sa créativité lors de saynètes à l’UWC et de sa force de caractère » (« Doris »).

Pour son 100e anniversaire de naissance, le 16 novembre 2001, une grande fête est organisée à l’église anglicane St. George, dont elle est membre de longue date. Elle rend l’âme à Winnipeg le 3 mai 2003, à l’âge de 101 ans.

Doris Boyce Saunders, LL. D. honoris causa

Ouvrages cités

“Doris Saunders”. Obituary. Winnipeg Free Press 7 May 2003. Web. 28 Jan. 2016.

MacLellan, Margaret. “Status of Women.” The Chronicle. 1958-59: 99-102. Print.

Saunders, Doris B. Dr., President. “History of Canadian Federation of University Women 1955-1958.” 5 pages. Unpublished TS. n.d. CFUW Archives. Print.

---. “Report of the President.” The Chronicle. 1958-59: 65-68. Print.

Ouvrages consultés

Berton, Janet and Claire Coates, eds. “Dr. Margaret S. McWilliams. First CFUW President 1919-23.” Seventy-Five Years of CFUW/Soixante-quinze ans de FCFDU 1919-1994. Canadian Federation of University Women, 1994: 42. Print.

“Memorable Manitobans: Doris Boyce Saunders (1875-1952)” The Manitoba Historical Society. The Manitoba Historical Society. Web. 16 Oct. 2015.

“The Record of Officers (1956-57). Dr. Doris Saunders - President’s Report.” CFUW Archives. Library and Archives Canada. Print.

Saunders, Doris. “The President’s Message.” The Chronicle. November 1955: 5. Print.

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