Dr. Marion Elder Grant 1900-1989

Présidente de la FCFDU de 1949 à 1952

“Notre organisation, avec ses intérêts variés et son unité, peut remettre en cause les meilleures idées de n’importe quelle diplômée universitaire pour de nombreuses années à venir.”

 

Née en 1900 à Québec, Marion Elder Grant est la fille de Donald Grant, pasteur ordonné, et d’Alice Fitch Grant – la deuxième femme titulaire d’un baccalauréat ès arts de l’Université Acadia et sa première titulaire d’une maîtrise, qui a également obtenu une seconde maîtrise de l’Université McMaster.

La petite enfance de Marion est ponctuée de déménagements et de bouleversements familiaux, son père étant atteint d’une maladie non identifiée. Marion a six ans quand sa mère, son frère aîné et elle déménagent à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, laissant le père reste en Californie. Sa mère se joint à l’équipe de l’Acadia Ladies’ Seminary et de l’école privée Horton Academy, affiliée à l’Université Acadia. Marion habite en résidence avec sa mère, qui est aussi doyenne des étudiantes, tandis que son frère réside hors-campus avec une tante, la résidence étant réservée aux filles. Marion évolue au sein d’une « famille de femmes », qui insiste sur l’importance de l’éducation supérieure. Il n’est guère étonnant que cette petite fille studieuse poursuive plus tard des études avancées.

Marion obtient un baccalauréat en psychologie de l’Université Acadia en 1921, enseigne pendant un an dans le système scolaire public de la Nouvelle-Écosse, puis elle déménage à Toronto pour enseigner au Branksome Hall, une école privée pour fille. Elle poursuit en même temps des études de maîtrise en psychologie et en éducation à l’Université de Toronto et elle obtient son diplôme en 1924. Au cours de cette période, elle se joint à l’UWC de Toronto. Deux ans plus tard, elle se rend à Belton, au Texas, pour enseigner aux départements d’éducation et de psychologie du Baylor College for Women. En 1929, ses premiers articles sont publiés dans des revues savantes et en 1931, elle obtient un doctorat en psychologie de l’Université de Toronto. En congé sabbatique du collège Baylor en 1931 et 1932, elle étudie au University College de Londres. De retour au collège Baylor, elle ajoute à ses tâches celle de doyenne des étudiantes.

En 1936, Marion rentre à Wolfville pour aider sa mère malade et enseigner aux départements d’éducation et de psychologie de l’Université Acadia. Trois ans plus tard, suivant les traces maternelles, elle devient doyenne des étudiantes, un poste qu’elle conservera pendant plus de 20 ans. En 1959, elle est nommée directrice du Département de psychologie et elle le restera jusqu’à sa retraite en 1975. Elle vit à une époque où les étudiantes sont étroitement supervisées et elle devient un modèle qui suscite de nouvelles vocations chez les étudiantes.

Comme il n’y a pas encore d’UWC à Wolfville, avec ses amies Muriel Roscoe et Esther Clark Wright – également membres d’autres clubs – elle fonde l’UWC de Wolfville en 1938. Marion joue un rôle actif en contribuant notamment à la création d’autres clubs dans les Maritimes. Dès 1940, elle s’engage au niveau national de la FCFDU et en devient la 11e présidente en 1949. Son engagement national durera 15 ans. Le thème de sa triennale est « Les défis d’aujourd’hui et de demain ». Marion a pour objectif d’améliorer le statut des femmes et d’encourager celles-ci à poursuivre des études supérieures et à en tirer profit. Comme les autres présidentes avant elle, elle s’occupe des affaires de la FCFDU depuis son port d’attache, l’Université Acadia, avec l’aide de Ruth Elderkin, membre de l’UWC de Wolfville, qui joue le rôle de secrétaire.

Sous sa présidence, quatre tâches spécifiques sont assignées puis menées par l’exécutif 1949-1952 de la FCFDU : rédiger l’histoire des 30 premières années d’existence de la FCFDU pour la présenter au congrès triennal de la FIFDU à Zurich en 1950 (où le Canada envoie une délégation de 80 membres); compiler une liste à jour des représentantes qualifiées de la Fédération; produire et distribuer un feuillet décrivant les buts et objectifs de la Fédération afin d’attirer des diplômées récentes; et créer un logo national et une charte pour l’ensemble des clubs. À une époque où les déplacements aériens ne sont pas encore faciles, Marion franchit des milliers de kilomètres en voiture ou en train et parcourt le Canada pour présenter les chartes nouvellement créées et signées à chacun des 60 clubs de la FCFDU, dont les huit plus récents.

Elle supervise aussi la mise en œuvre de la décision prise lors de la triennale de Vancouver, en 1949, de présenter un mémoire à la Commission Massey « portant sur les bourses, la recherche et l’éducation, une bibliothèque nationale, une Commission des Nations Unies, et la radio et la télévision » (Chronicle, 1950-51, p. 29). Son conseil national crée la bourse Margaret McWilliams pour commémorer le travail et la vie de la première présidente de la FCFDU. Préparé par le Comité sur l’éducation avec l’aide de groupes d’étude de nombreux clubs, un mémoire sur l’éducation est soumis au premier ministre Louis St-Laurent. Autre innovation, une exposition d’œuvres et de livres de membres de la FCFDU, qui a lieu lors de la triennale de 1952 à Ottawa, connaît un vif succès et les membres espèrent que l’expérience sera répétée tant à l’échelle nationale que régionale. Sous sa présidence, les clubs de la FCFDU sont incités à continuer d’exprimer leur bonne volonté internationale en expédiant vêtements et nourriture aux membres européens dans le besoin après la Seconde Guerre mondiale. Considérant les échanges comme étant à la fois stimulants et instructifs, elle encourage les clubs de femmes universitaires à poursuivre et à accroître les contacts et les visites amorcées avec les membres de l’Association américaine des femmes universitaires (AAUW). Elle invite aussi les membres à renforcer la collaboration avec des organisations féminines partageant une vision commune dans des domaines comme l’équité salariale, l’égalité des chances en matière d’éducation et une meilleure représentation de femmes qualifiées dans les organes officiels. Concernant l’avenir, dans son rapport de présidente sortante de la FCFDU, Marion exprime le désir que soient solidifiés les aspects internationaux du programme de la FCFDU. Son intérêt pour la FCFDU ne faiblit pas et elle assiste fidèlement aux triennales et aux réunions de conseil de la FCFDU ainsi qu’aux triennales de la FIFDU jusque vers l’âge de 85 ans. En 1971, la FCFDU de Wolfville lui rend hommage et lui accorde le statut de membre à vie parce qu’elle « est la plus grande partisane et amie du club, une excellente conférencière, un pilier de l’exécutif, et une autorité quand il est question de la FCFDU » (CFUW Wolfville Fonds).

Les recherches universitaires de Marion sont axées sur le développement du jeune enfant, les problèmes d’apprentissage et l’importance du jeu. Elle publie ses travaux, mais utilise aussi ses connaissances pour contribuer à créer le conseil de l’Institut de l’Université Acadia, un organisme-cadre qui soutient la recherche sur les aspects sociologiques et économiques dans la vallée de l’Annapolis, et y siéger. Cette implication l’amène à faire partie, en 1955, des fondateurs de la Fundy Mental Health Clinic de Wolfville, la première clinique indépendante de Nouvelle-Écosse, qui grâce à un extraordinaire travail d’équipe et à un leadership enthousiaste joue souvent un rôle de précurseur lorsqu’il s’agit de relever les normes en matière de santé mentale dans la communauté. Psychologue dans cette clinique, Marion dispense des conseils familiaux et relationnels, d’abord à temps partiel puis à temps plein, jusqu’en 1975. Un de ses collègue souligne qu’elle soutient les bons mariages et est exceptionnelle en thérapie conjugale.

Sur le plan professionnel, elle est membre de l’American Psychological Association, du Conseil international des psychologues, de l’Association of Psychologists of Nova Scotia, de la Maritime Psychological Association (elle est présidente et rédactrice en chef de son bulletin d’information), et Fellow à vie de la Société canadienne de psychologie. Pour elle, il n’y a pas de frontière entre la psychologie universitaire et appliquée. Elle aurait dit que même si elle a débuté comme enseignante, elle a reçu une telle formation postdoctorale en psychologie clinique en étant doyenne des étudiantes (et suivant des cours d’été à Harvard, en Californie, à Chicago et à l’Institut Tavistock de Londres) que son enthousiasme pour ce domaine a vite égalé son plaisir d’enseigner, d’où la fusion de ces deux champs pour le reste de ses jours (Witchett, p. 85).

Conférencière réputée, Marion se réserve aussi du temps pour des activités communautaires. Elle est présidente de l’Association des anciens étudiants de l’Université Acadia, et siège longtemps au sénat et au conseil des gouverneurs de cette université. Elle est membre fondatrice de l’Association baptiste de l’Atlantique, l’une des premières femmes à siéger au conseil des diacres de l’église baptiste de Wolfville, et est membre pendant 50 ans du chapitre local de l’Ordre impérial des filles de l’Empire (IODE). Interrogée un jour à savoir ce qu’elle fait dans ses temps libres, Marion rétorque « Mais qu’est-ce donc? ».

En 1959, le ministre des Affaires extérieures, l’honorable Howard Green, lui propose un poste de membre fondateur à la nouvelle Administration du programme des bourses du Commonwealth du Canada. Tout en siégeant à ce prestigieux comité, elle est nommée déléguée à la deuxième conférence du Commonwealth sur l’éducation, qui a lieu à New Delhi en 1962, puis à des conférences similaires à Ottawa et à Zurich. Des expériences qu’elle dit « inoubliables ». Certains soulignent que sa nomination contribue à faire rayonner l’ensemble des femmes universitaires canadiennes.

Marion est honorée à de nombreuses reprises, d’abord en étant élue vice-présidence de la promotion 1921 de l’Université Acadia. Elle reçoit un doctorat honorifique en droit de l’Université du Nouveau-Brunswick en 1950, un doctorat honorifique en droit civil de l’Université Acadia en 1964, et la Médaille du centenaire du Canada en 1967. En 1984, à l’occasion du centenaire du premier diplôme décerné à une femme par l’Université Acadia, Marion est nommée « femme du siècle » et reçoit une médaille pour sa contribution à l’Université et à la communauté en général. « Une femme éminente sans être pompeuse, présente sans ostentation, souple sans contradiction, capable d’autodérision et spirituelle – la femme du siècle de l’Université Acadia », lit-on sur le certificat qui lui est remis. Le salon de la résidence Whitman, dont elle a été la doyenne des étudiantes, est plus tard nommé en son honneur (familièrement connu sous le nom de « Tully ). En 1986, elle est nommée membre honoraire du sénat de l’Université Acadia.

Après son décès en 1989, de nombreux hommages lui sont rendus pour ses réalisations uniques, sa foi personnelle, son engagement communautaire et sa place de premier plan dans la vie de l’Université Acadia. Un éditorial du Chronicle-Herald d’Halifax, affirme : « Le plus bel hommage vient des innombrables vies qu’elle a touchées, toujours au profit et pour le mieux être de ceux pour qui elle s’est tant dévouée ».

En 1991, la FCFDU de Wolfville instaure une bourse nationale, la Bourse Marion-Elder-Grant de la FCFDU à l’intention des femmes poursuivant des études supérieures, pour reconnaître son dévouement indéfectible envers la FCFDU et son engagement en faveur d’une éducation supérieures pour les femmes.

Dr. Marion Elder Grant

Ouvrages cités

CFUW Wolfville Fonds. Acadia University Archives. Print.

Grant, Marion E. “A Progress Report.” The Chronicle.1952-53: 49-52. Print.

---. “Report of the President. CFUW Executive Meeting.” The Chronicle. 1950-51: 29-30. Print.

Witchett, Beatrice. “Tribute. Marion Elder Grant.” Canadian Psychology 32.1 (1991): 85. Print.

Ouvrages consultés

“Appointment.” The Chronicle 33 (1960-61): 86. Print.

Acadia University Alumnae Association. “50th Anniversary Profiles of the Acadia University Class of 1921.” Acadia Alumnae Association 50th Reunion of Class of 1921. 1971. Print.

Cann, Linda. A Bold Step Forward: The History of the Fundy Mental Health Clinic. Fundy Mental Health Foundation, 1986. Print.

CFUW Journal 25.4 (1989): 1+. Print.

“Challenges Facing Acadia Women, the 100th Anniversary of Acadia’s First Female Graduate.” Acadia University Fonds. 1984. Print. Chatham Public Library.

Communicator 13.4 (2007): 3. Print.

“Editorial.” The Chronicle Herald Apr. 1988: Print.

Grant, Marion Elder. History of CFUW 1949-1952. n.d. Unpublished document. Print.

---. “Report of the President.” The Chronicle. 1950-51: 50-51. Print.

---. “Zurich-Another Side.” The Chronicle. 1950-51: 20-21. Print.

Marion Elder Grant Fonds. Acadia University Archives. Print.

100 Years of The Bulletin.” Acadia Bulletin (Spring 2012): 26. Print.

“A Tribute from CFUW Wolfville,” CFUW Wolfville Minutes. Apr. 1962. Print.

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